statut : docteur en musicologie, sous la direction de Xavier HASCHER
unité de rattachement :
membre du groupe de recherche Recherches sur le rythme.
contact : amelie.pavard@labexgream.com
Mes recherches portant notamment sur la cognition musicale, j’ai réalisé un double cursus en musicologie et en psychologie cognitive et neuropsychologie afin de pouvoir étudier ce thème selon une vision intégrative. Plus particulièrement, je m’intéresse au lien entre la musique et les émotions selon une approche interculturelle. Mon master de musicologie traitait des techniques musicales utilisées par les musiciens pour induire des émotions intenses auprès de leurs auditeurs dans les rituels de guérison au Baloutchistan (Université de Strasbourg, 2009). J’ai ensuite suivi un master de psychologie cognitive et neuropsychologie (Université Lyon 2, 2013) étudiant l’effet des émotions induites par la musique sur l’intégration d’éléments relatifs à l’espace-temps en mémoire, en comparant les performances de participants musiciens à celles de participants musiciens. J’ai également suivi un cursus au Conservatoire de Mulhouse.
Docteur depuis 2015, ma thèse intitulée « Chanter l’extase : approche psycho-cognitive de la musique dans les rituels de transe soufis » et dirigée par X. Hascher portait sur l’utilisation de la musique dans les rituels de transe soufis au Moyen-Orient. Dans ces cérémonies, les poèmes improvisés sont exécutés par des adeptes ayant des connaissances musicales qui recherchent des ornementations, des timbres et des hauteurs susceptibles de susciter une émotion esthétique chez les autres participants. En exécutant des mouvements à partir du tempo de ces poèmes, j’ai fait l’hypothèse que ceux-ci « incorporent » les émotions, les rendent plus intenses et participent à inscrire en mémoire les étapes (émotionnelles) du rituel. Au carrefour entre psychologie cognitive, psychoacoustique et ethnomusicologie, cette thèse étudie en quoi la musique peut participer à faire émerger des émotions intenses.
Actuellement, je poursuis mes recherches sur la cognition musicale au sein du GREAM et du laboratoire EMC (Lyon 2). Je suis également psychologue praticienne spécialisée en neuropsychologie et travaille auprès d’une population de jeunes adultes souffrant de troubles psychotiques dans un centre de réhabilitation. Au quotidien, j’effectue des évaluations de suivi des patients et organise des ateliers musicaux collectifs ; je travaille également sur le développement d’ateliers de remédiation cognitive ayant pour but d’améliorer l’efficacité mnésique et la reconnaissance d’émotions prosodiques et musicales de ces patients.
Le domaine des sciences humaines et sociales m’intéresse particulièrement en ce qu’il reflète les interactions sociales entre les individus et leurs modes de fonctionnement en fonction de leur culture d’appartenance et de leurs expériences de vie. La musique accompagne chaque personne de manière plus ou moins implicite au cours de sa vie, et reflète les états d’âme et les croyances individuelles et groupales, à la manière d’un langage. Le rapprochement vers l’ethnomusicologie et la cognition musicale fut donc assez naturel, dès la première année de Master.
Le choix d’un corpus, il faut le dire, est souvent déterminé au gré des rencontres. Les musiciens rencontrés lors de missions de recherche ou lors de concert stimulent en premier lieu mes recherches et mon engouement pour la recherche. Je suis très admirative des ethnomusicologues français pionniers (Lortat-Jacob, Arom, During ou Lambert, parmi d’autres) qui ont réussi à s’intégrer dans des communautés non occidentales et ont réussi à mettre en lumière la complexité de leurs systèmes musicaux.
D’un point de vue plus sensible, je suis plutôt sensible à la musique post-romantique, aux musiques traditionnelles (telles qu’avec les chanteuses Esperanza Fernandez et Lena Chamamyan) pouvant être associés à des éléments plus modernes, notamment dans le jazz (Ziad Sahab, Asian dub Foundation).
Chapitre d’ouvrage collectif (avec comité de lecture)
« Musique et représentations sociales dans le wajd », dans AYARI, M. et MAKHLOUF H. (éds.), Musique, Signification et Émotion, Delatour France, 2010.
« L’utilisation du corps dans les processus mnésiques et émotionnels des rituels de transe », Worshop TRACE : « Cognition incarnée et située », Journée de jeunes chercheurs en sciences cognitives, Université de Montpellier (Laboratoire Epsylon), juin 2014.
« Analyser l’expressivité musicale : quand l’expérimentation scientifique permet l’expérimentation créatrice », 2ème Journée des jeunes chercheurs du Gream : L’expérimentation en musique et musicologie, Université de Strasbourg, 14 février 2014.
« Musique & émotion dans les rituels de transe soufie », 1ère Journée des jeunes chercheurs du Gream : L’Acte Musical, Université de Strasbourg, 7 juin 2013.
« Les émotions dans les musiques de transe », Séminaire Esthétique et Cognition de l’Université Paris-I, Paris, mai 2011.
« Les Réfugiés du Rap : Émergence du rap palestinien en Syrie », Journées d’étude Subculture Musicale, Université de Strasbourg (EA 3402 et EA 1334), mars 2011 [en ligne].
« Vers une approche épistémologique des émotions musicales », Séminaire Esthétique et Cognition de l’Université Paris-I, Paris, 2008.